Jean-Baptiste Maunier superstar
A 13 ans, il est la révélation du film « Les Choristes », dont il chante aussi la bande originale, qui s'est déjà vendue à 200 000 exemplaires.
C'est le phénomène culturel de ce printemps : en cinq semaines, le film Les Choristes a conquis près de quatre millions de spectateurs. Pourtant, hormis Gérard Jugnot, pas de vedette à l'affiche. Le réalisateur, Christophe Barratier, signe là son premier long métrage. Mais cette histoire de « sauvageons » sauvés par la « magie du chant », dans la France de 1949, touche un large public, à contre-courant des grosses machines à fric. De même, la bande originale, signée Bruno Coulais (Microcosmos, Himalaya�), écrase les vedettes de la variété : le disque s'est déjà écoulé à plus de 200 000 exemplaires et trône en tête des ventes d'albums. Personnage clé du film et de la BO, Jean-Baptiste Maunier, 13 ans, prête ses traits et sa voix au personnage de Pierre Morhange, le petit soliste au physique de jeune premier. Un garçon comme un autre, soudain propulsé sur le devant de la scène.
� Dans quelles circonstances as-tu commencé le chant choral ? �
J'ai commencé à l'âge de 11 ans, je voulais changer des activités sportives, et mon père fait également du chant choral. C'est devenu une passion, que je partage avec d'autres. Ça m'a apporté beaucoup d'amis. C'est comme une équipe de foot�
� Comment as-tu été recruté pour « Les Choristes » ? �
Un peu par hasard. Le réalisateur cherchait une chorale pour enregistrer la BO du film, et il n'avait toujours pas trouvé l'acteur pour jouer le rôle de Pierre Morhange. Il est venu écouter les Petits Chanteurs de Saint-Marc à Lyon, la chorale dans laquelle je chante, et il m'a demandé de faire des bouts d'essais avec Gérard (Jugnot).
� Rêvais-tu de faire du cinéma ? �
Non, pas du tout. Ça ne m'était jamais venu à l'idée, mais j'ai accepté tout de suite, par curiosité. Le tournage s'est bien passé, l'ambiance était très bonne. Pierre Morhange me ressemble un peu, on a quelques points communs : je suis un peu renfermé sur moi-même, assez sensible, et j'aime chanter ; mais je suis plus rigolo et j'ai plus d'amis.
� Le succès du film est-il en train de bouleverser ta vie ? �
Oui, je suis plus sollicité qu'avant, on me reconnaît dans la rue, des gens viennent me dire bravo pour le film, me demandent des autographes� C'est marrant ! Grâce au film, j'ai mûri. Je me suis éloigné de mes copains, avant j'étais toujours avec eux, ça m'a fait du bien, j'ai rencontré d'autres personnes, je suis un peu entré dans le monde des adultes.
� « Les Choristes », c'est le genre de films que tu vas voir au cinéma ? �
Je pense que je serais allé le voir, à cause du chant et des acteurs, que j'apprécie. Mais mon truc, ce serait plutôt les effets spéciaux, la violence� Je suis un fan du « Seigneur des Anneaux ». « Les Choristes », c'est différent, mais ça fait aussi un carton !
� Côté musique également, les enfants de ton âge s'intéressent plutôt à autre chose qu'au chant choral� �
J'ai plusieurs copains qui font partie de ma chorale, je suis un élève comme un autre. J'écoute du métal, du hard rock, un peu de rap, pas forcément que du classique. Je ne suis pas un extra-terrestre.
� Tu as désormais le choix entre le chant et le cinéma : de quoi as-tu envie pour l'avenir ? �
J'ai des projets, mais je ne peux pas trop en parler, ça n'est pas encore sûr. J'ai des propositions dans le chant ET dans le cinéma. J'aimerais continuer à faire du cinéma, mais après mes études. Si j'ai des propositions d'ici là, il faudra que je m'organise pour l'école�
Jean Baptiste Maunier est LA révélation du film Les Choristes. Le jeune adolescent a la vois d'or crève l'écran et vole presque la vedette a Gerard Jugnot. Si bien que l'on finit par se demander si, sans lui, le film de Christophe Barratier aurait eu le meme succès populaire. Rencontre avec un jeune premier romantique au coeur chantant.
Depuis qu'il est à l'affiche, le film Les Choristes bat tous les reccords d'entrée. Pourtant, sur le papier, l'histoire de ce pion -qui réussi a changer le quotidien d'un maison de redressement en enseignant le chant a une bande de garnements cabossés par la vie- paraissait un brin désuète. Pour ne pas dire ringarde. Mais sur grand écran, très vite, l'émotion balaie tous nos sarcasmes. Et lorsque la voix du jeune soliste s'élève, cristalline et pure, on est touché au coeur par la grace de ce petit prodige.
C'est à Lyon, au collège Saint-Marc, que le metteur en scène (dont c'est le premier long-métrage) a déniché sa perle rare: " Cristophe Barratier recherchait une chorale pour enregistrer la bande originale du film. Un jour il est venu au collège pour auditionner Les Petits Chanteurs de Saint-Marc. Il n'avait pas encore trouver le garçon qui devait jouer Pierre Morhange. Il y a plusieurs solistes dans notre choeur, mais lorsqu'il est arrivé j'étais en train de chanter un morceau de Purcell. Le jour meme il me faisait passer une scène du film. Et l'été dernier, je me suis retrouvé en pleine canicule avec un gros pull et des godillots au Chateau de Ravel, en Auvergne, pour tourner avec Gérard Jugnot. C'était magique", nous a raconter très simplement Jean-Baptiste Maunier dans la salle où il a l'habitude de répéter.
Cela fait trois ans qu'il fait parti de la chorale de Saint-Marc. Il faut dire que le chant, c'est presque une tradition dans la famille. Thierry, son papa, caméraman à France 2, était petit chanteur de Saint-Raphael. Et du coté de Muriel, la maman, tout le monde poussait un peu la chansonnette en fin de repas. "Quand je vais mal Les Petits Chanteurs de Saint-Marc, c'est un refuge. Ma deuxième famille", avoue le jeune garçon au profil d'enfant sage et timide. Une déclaration qui n'étonne pas Nicolas Porte, chef de cet ensemble qui éxiste depuis 1986 et coach de Gérard Jugnot sur le tournage. "La chorale est un lieu de socialisation. Ony apprend la tolérance et le respect des autres. Personne n'est jaloux de Jean-Baptiste car sa réussite, aujourd'hui, c'est aussi celle de tous."
Les choristes de film chantent en effet en play-back, sur les vois Des Petits Chanteurs de Saint-Marc. " Au début, sur le tournage, les enfants se moquaient de Jean-Baptiste, de sa voix de fille; mais au bout de trois répétition, ils étaient boulversés", nous raconte sa maman. Aujourd'hui avec ses cheveux coupés court, brillants de gel, Jean-Baptiste ne ressemble plus du tout au blondinet romantique qui apporte un peu de lumière dans le sombre internat de Fond-de-l'Etang. "J'avais envie de retrouver ma tete d'avant, de redevenir un enfant comme les autres. Au collège, rien a changé, je ne suis pas une star. Sauf peur-etre avec les filles de cinquième et sixième."
Mais Jean-Baptiste n'en dira pas plus. Comme dans le film, c'est un ado de 13ans, sensible, secret, que l'on sent fragile. "On dit de lui aujourd'hui que c'est le futur Benoit Magimel. A l'avant première du film, en voyant son nom au générique, j'ai pensé a son grand-père qui révait de devenir comédien. Mais dans 10ans, Jean-Baptiste n'aura plus la meme voix, le meme physique angélique, le meme charme. Il faut le protéger contre les désillusions" nous dit sa mère.
Et c'est vrai, le miracle immortaliser sur péllicule n'a aucune chance de perdurer. "Cette voix elle est a moi, mais elle ne me ressemble pas nous confie Jean-Baptiste. Dans 2ans je vais muer, ca fera peut-etre plus viril. Mais c'est un peu angoissant car je ne sais pas si je pourrais continuer a chanter." Voila: le petit garçon de 13ans -qui nous fait croire le temps d'une projection, que l'humanité n'est pas désespérante- a repris son cartable. A deux heures il a cours d'espagnol et la semaine prochaine il part a Valence en voyage scolaire. Cet été il sera en tournée au Japon avec la chorale des Petits Chanteurs de Saint-Marc. La vie continue...
Jean-Baptiste joue de la voix
Décidément, en cette année 2004, tout va bien pour lui! Non seulement ce collègien de 13ans vient de recevoir les félicitations du conseil de classe, mais en plus, tout le monde le consière comme la révélation du film Les Choristes, sorti en Mars dernier. Pourtant, rien ne prédestinait Jean-Baptiste au cinéma: "Au départ j'ai voulu m'inscrire dans une chorale parce qu'on me proposait plusieurs activités. En réfléchissant, j'ai constaté que le sport et le théâtre ne m'intéressait pas vraiment. En plus, mon père m'a dit qu'adolescent, il chantait dans une chorale et il s'était bien amusé, ce qui m'a convaincu. Donc, depuis 3ans, selon mon emplois du temps, j'interprète des chants classiques, religieux et profanes de 3 à 4 heures par semaine."
Cet élève de 4ème atterit sur nos écrans par pur hasard: Christophe Barratier, réalisateur de film, recherchait une chorale pour enregistrer la bande originale. Au moment où il auditionne les Petis Chanteurs de Saint-Marc, près de Lyon, il n'a toujours pas trouvé qui jouera le personnage de Pierre Morhange. En découvrant Jean-Baptiste, il lui fait passer des essais concluants. Et voila comment on débute une carrière sur un coup du destin... Pour son avenir, Jean-Baptiste prefère garder la tête froide: "J'aimerais poursuivre une carrière dans la chanson et le cinéma, mais comme je vais muer, je ne sais pas quelle vois j'aurai au final."
En tout cas, une chose est sure, il ne veut pas réussir à n'importe quel prix et jette un regard sans concession sur les star-academiciens, qu'il estime "nunuls" et près a n'importe quoi pour passer à la télévision (Midian est complètement d'accord!!). Non c'est certain, s'il doit continuer sur ce chemin, ce sera plutot dans un groupe de rock comme Kyoou The Rasmus, qu'il adore. Comme il le dit en souriant, pour lui, "l'essentiel c'est de faire passer des émotions aux auditeurs en chantant avec son coeur."